POURQUOI COURT-ON APRÈS LE SENTIMENT AMOUREUX?

La recherche du Grand Amour est un sujet qui traverse les générations et qui ne cesse d’interpeller les scientifiques, les psychologues, les écrivains, sans parler des médias et de nos familles (parents, grands-parents pour qui l’amour leur paraissait quand même moins compliqué à trouver à leur époque).

Dès notre enfance, nous comprenons d’ailleurs que la réalisation de soi, l’accomplissement d’une vie (heureuse entendons-nous bien) passe par la fondation d’une famille avec un(e) partenaire de vie. Comme si c’était l’unique chemin du bonheur. Au-delà des valeurs dont nous héritons, notre environnement culturel, que ce soit les contes, les mythes, les films, nous inculque cette nécessiter d’aimer.

Il est alors assez naturel qu’arrivé à l’âge dit de la maturité amoureuse, la rencontre de son âme sœur devienne une quête pour ne pas dire une obsession dans certains cas.

Je vous explique dans cet article pourquoi nous avons tant besoin d’aimer et que nous pouvons même finir par nous poser la question de aime-t-on pour vivre ou vit-on pour aimer ?

D’abord Aimer, c’est inscrit en nous

Autrement dit, ne luttons plus pour ne pas tomber amoureux, aimer, c’est dans nos gènes. Qu’on sorte d’une histoire douloureuse ou pas, l’envie d’aimer et d’être aimé(e) gouverne nos vies.

Pour en comprendre la raison, il faut se rappeler que nous n’en sommes pas moins des animaux dont l’instinct est d’assurer sa descendance, de se reproduire et de protéger les siens. Et pour cela, il faut être deux. Il a notamment été prouvé scientifiquement que l’homme, pourvu d’émotions, parvenait à survivre dans son environnement grâce notamment au plaisir. Par exemple, boire, manger et se reproduire procurent du plaisir à l’homme. Le désir est alors le facteur déclenchant. L’homme sait qu’en réalisant une de ces trois actions, il ressentira du plaisir, un sentiment de bien-être et de joie, ce qui l’incitera à le refaire plusieurs fois. L’homme finit par s’attacher au plaisir qu’il ressent et découvre le sentiment d’aimer.

Aimer, c’est nécessaire pour soi

Finalement, aimer est un acte assez égoïste. Dès l’enfance, nos parents nous transmettent l’envie inconsciente d’aimer. La première histoire d’amour que l’on connaît, c’est bien la-leur. Elle sera d’ailleurs déterminante dans la qualité de nos relations futures. L’attachement de nos parents et notre attachement pour eux nous permet à chacun de nous de grandir et de construire les bases de notre vie d’adulte. Qu’elle que soit la solidité de ces bases en fonction des relations parents/enfants, nous cherchons tous communément à retrouver dans nos relations amoureuses ou amicales ces ressentis d’amour. Et c’est en aimant que nous allons combler ce manque. Nous aimons finalement pour couvrir un besoin personnel, celui de « s’auto-aimer » avant de penser au besoin de l’autre.

Nous aimons aussi par peur de la solitude, pour combler le vide, ou parce que nous nous sentons incapables de vivre seul. Aimer devient alors une nécessité, un instinct de survie plus qu’un désir et d’ouverture à l’autre.

Mais nous aimons surtout pour nous sentir heureux. Et c’est un phénomène physiologique. L’amour ressenti agit sur le cerveau qui sécrète des hormones et des substances de bonheur et de bien-être.

Agissant comme un anti-dépresseur naturel, le sentiment amoureux apporte joie, bienveillance et sécurité.

Aimer, pour avoir un statut social

Selon une étude INSEE, la France compte pas moins de 18 millions de célibataires, la proportion étant de 35,8% chez les femmes et de 42,7 % chez les hommes. Nombreux ou nombreuses sont ceux et celles à qui lors d’une soirée on a lancé « Si à 30 ans t’es pas en couple, c’est que tu as raté ta vie » ou bien encore « si tu n’es pas en couple, c’est que quelque chose ne va pas chez toi ».

Des phrases crève-cœur qui nous poussent inévitablement à rechercher dare-dare notre moitié à tout prix, sans être soi-même parfois convaincu que c’est ce schéma qui nous convient. Car après tout le célibat a aussi du bon et du très bon.

Quoi qu’on en dise, le couple reste le modèle à atteindre, pour asseoir son statut dans la société et y jouer son rôle. Que ce soit l’héritage familial, les conventions, dans le milieu professionnel aussi, être en couple rassure. Nous pouvons aimer librement, multiplier les histoires tout en les vivant pleinement, mais la pression sociétale finit par nous rattraper.  Il est important de se poser, de fonder une famille, pour renvoyer une image et un statut sécurisants.

Et enfin Aimer, pour se sentir vivant

On est touché par l’amour parce qu’il nous bouleverse, parce qu’il nous change, parce qu’il nous fait vibrer. Amour passion, amour sage, amour de raison, quel que soit son caractère, l’amour que l’on éprouve et que l’on reçoit nous grandit, donne du sens à notre vie. C’est un sentiment fort. Quand ce sentiment disparaît, nous ressentons comme un vide abyssal que nous tentons de combler rapidement. Aimer c’est se sentir vivant. Certains écrivains iront jusqu’à dire qu’on meurt ou qu’on vieillit quand on n’aime plus.

Vous aurez donc compris maintenant pourquoi nous courons tous à notre manière après le sentiment amoureux. Il nous nourrit, nous fait grandir, nous surpasser, vibrer. Toutes les émotions que le sentiment d’aimer anime le rend mystérieux, unique et complexe mais vital.

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